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Alimentation et cancer : faisons le point !

Le développement d’un cancer est lié à de nombreux facteurs mais il est possible de réduire les risques en mangeant mieux et en bougeant plus ! La Mutuelle Familiale fait le point sur ce que nous savons sur les facteurs de risques et les facteurs protecteurs liés à l'alimentation et aux cancers.

> Les facteurs de risque

Une alimentation inadéquate associée à une activité physique insuffisante est un déterminant majeur des principales maladies chroniques telles que les maladies cardio-vasculaires, le diabète de type 2, l’obésité, l’hypertension artérielle et certains types de cancer.  

De nombreux facteurs, génétiques, hormonaux et environnementaux (tabac, rayonnement solaire, expositions professionnelles…) peuvent concourir au développement d’un cancer. On estime que 40 % des cancers sont évitables (142 000 / an) grâce à des changements de comportement et de modes de vie ; 5.4 % des cancers sont attribués à une alimentation déséquilibrée et au surpoids.  

En effet, le surpoids et l’obésité, la consommation de boissons alcoolisées, la consommation excessive de viandes rouges, de charcuterie ou de sel, peuvent augmenter le risque de cancer : ce sont  des facteurs de risque de cancer.Le Centre International de Recherche sur le Cancer a classé la viande transformée* comme cancérogène certain pour l’homme (cancer colorectal), et la consommation de la viande rouge** comme probablement cancérogène pour l'homme.

Le surpoids ou l’obésité sont des facteurs de risques de cancer du sein (après la ménopause), cancer du côlon, cancer du rectum, œsophage, pancréas, endomètre et rein. Le niveau de preuve scientifique pour ces 2 facteurs de risques sont jugés convaincant.  Le surpoids ou l’obésité jouent aussi probablement un rôle dans  le cancer de la vésicule biliaire, de l’ovaire, du foie, de la prostate (stade avancé) et les cancers hématopoïétiques (leucémies, lymphomes).  Le surpoids et l’obésité sont associés à un risque accru de récidive, de développement d’un second cancer, et de mortalité liée au cancer initial.

En ce qui concerne en particulier le cancer du sein, les facteurs de risque nutritionnels généralement associés sont :

- La prise de poids ;

- Le surpoids (Indice de Masse Corporelle* entre 25 et 30) ou l’obésité (Indice de Masse Corporelle* ≥ 30), c’est l’excès de masse grasse qui provoque des conséquences néfastes sur la santé (principalement après la ménopause) ;

- Le manque d’activité physique ;

- La consommation d’alcool.

Pour limiter les risques de santé associés au surpoids ou à l’obésité, il est recommandé de :

- Maintenir un poids optimal ;

- Avoir une activité physique régulière ;

- Privilégier une alimentation équilibrée et diversifiée.  

> Les facteurs protecteurs

Certains facteurs peuvent réduire le risque de cancer, on parle de facteurs protecteurs : la pratique d’une activité physique régulière, la consommation de fruits et légumes et l’allaitement.   

En pratique prendre soin de soi par l’alimentation passe par :

- Se faire plaisir, c’est essentiel !

- Ne pas s’interdire des aliments ;

- Limiter au maximum les aliments ultra-transformés en privilégiant les aliments bruts ou frais et peu transformés ;

- Respecter ses sensations alimentaires ;

- Eviter les excès ;

- Ne surtout pas faire de régimes restrictifs ;

- Consommer beaucoup de céréales complètes, de légumes secs, de légumes et de fruits  

Il est prouvé scientifiquement que les avantages liés à la consommation de légumes et de fruits, de légumes secs, de fruits à coques et de graines augmentent généralement avec la quantité consommée, c’est-à-dire que plus vous en mangez, mieux cela sera bon pour votre santé . En revanche, les céréales et les produits céréaliers, en particulier s’ils ont été raffinés, peuvent contribuer à un apport calorique trop élevé et ne doivent donc pas être consommés de façon excessive.

- Limiter la consommation d’aliments très caloriques (riches en sucre ou en matières grasses) et éviter les boissons sucrées.

- Penser à lire le Nutri-Score sur les emballages : c’est un logo à 5 couleurs apposé sur la face avant des emballages, qui vous informe sur la qualité nutritionnelle d’un produit. Chaque produit est ainsi positionné sur une échelle à 5 niveaux allant du produit le plus favorable sur le plan nutritionnel (classé A) au produit le moins favorable sur le plan nutritionnel (classé E).

- Limiter votre consommation – de tout type – d’alcool. Pour réduire votre risque de cancer, il est préférable de ne pas boire du tout d’alcool.

- Eviter de manger de la viande transformée en limitant la viande rouge. Il est recommandé de ne pas dépasser 500 g de viande rouge par semaine, et les aliments riches en sel.

- Ne pas consommer de compléments alimentaires, spécialement d’antioxydants et en particulier de bêta-carotène, car cela pourrait augmenter le risque de cancer.

> le jeûne et autres régimes restrictifs

Il n’est pas recommandé de pratiquer le jeûne pendant les traitements d’un cancer : il n’y a pas de preuve scientifique d’un effet bénéfique pendant la maladie qu’il s’agisse d’effet curatif ou d’une optimisation de l’effet des traitements des cancers. Jeûner, se priver de sucre ou adopter le régime cétogène (suppression de toute source de sucres de l’alimentation, y compris le pain, les céréales et féculents) ne conduit pas un arrêt de la progression tumorale. Au contraire, ces pratiques alimentaires induisent une perte de poids et une perte musculaire, et aggravent ainsi le processus de dénutrition.

En résumé, pour manger équilibré :

JE LIMITE 

 JE PRIVILEGIE 

LES VIANDES (bœuf, porc, veau, agneau…) : pas plus de 3 steaks par semaine 

POISSONS : 2 fois par semaine 

LA CHARCUTERIE (jambon, saucisson) : privilégier le jambon blanc 

VOLAILLES ET ŒUFS (poulet, dinde…) 

LES SUCRES : attention aux sucres cachés. Pour les sodas, un verre maximum par jour y compris les jus de fruits 

  

SEL : goûter le plat avant de saler 

FRUITS ET LEGUMES : au moins 5 portions par jour (1 portion = 1 pomme, 1 tomate ou 1 bol de soupe) 

MATIERES GRASSES : préférer l’huile de colza et l’huile d’olive 

LEGUMINEUSES (pois chiches, lentilles, fèves…) 

  

FECULENTS : de préférence aux céréales complètes ou semi-complètes 

  

L’EAU : à volonté ! 

 

Sources :

Portail Cancer Environnement

Brochure « Nutrition & cancers : Alimentation, consommation d'alcool, activité physique et poids » (INCa, mise à jour 2019)

Site internet du réseau National Alimentation Cancer Recherche (NACRe)

Code Européen contre le cancer

Programme National Nutrition Santé

 

*La viande transformée inclut les charcuteries (saucisse, pâté, jambon blanc…) et correspond à la viande conservée par salaison, maturation, fermentation ou fumaison

**La viande rouge inclut la viande de bœuf, de veau, de porc, d’agneau, de mouton, de cheval et de chèvre.  

 

Article rédigé le 19 avril 2021, par le Centre Léon Bérard, Portail Cancer Environnement

 

 

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