Revenir à la liste des actus

Cultiver l’altruisme préserverait la santé mentale pendant le confinement

Maintenons le lien #SantéSolidaire _L’être humain est un être social qui a besoin de contacts et de liens. Ils sont vitaux chez l’enfant pour son développement et indispensables à la santé psychique de l’adulte. De fait, la situation actuelle de confinement est à même d’éprouver notre santé mentale : stress aigu, irritabilité, humeurs négatives, insomnies, troubles dépressifs anxieux et émotionnels, confusion, modifications de comportements. La mise en place de ce dispositif sanitaire a un impact psychologique important et parfois durable sur les personnes que cela affecte.

Dans ce contexte, le risque est alors de se refermer psychiquement, de se couper de ce besoin de lien par des comportements d’évitement, de phobie sociale, voire de défiance et d’hostilité à l’égard des autres.

>> Cultiver l’altérité, la richesse du lien par l’altruisme 

L’altruisme est une disposition bienveillante vis-à-vis des autres, ne procurant pas d’avantages apparents et immédiats à celui qui les exécute mais bénéfiques à  et pour d’autres personnes. Être altruiste, c’est avoir cette disposition. Cultiver l’altruisme c’est être dans une démarche active et volontaire d’aide vers autrui, afin de se préserver individuellement mais aussi collectivement 

  En situation de crise, l’altruisme est une stratégie instinctive et sociale qui s’exprime prioritairement au sein de son groupe d’appartenance ou de son territoire (famille, amis, voisins…);

Il renforce le sentiment d’appartenance et consolide les liens de la communauté ; 

Il facilite le partage et la coopération humaine en appelant à la réciprocité.

> De façon active et volontaire, nous pouvons élargir le cercle de l’altruisme : 

Prendre des nouvelles d’amis, de connaissances et de membres de la famille plus éloignés ; 

Se renseigner sur les actions associatives autour de soi, faire des dons de vêtements, objets, meubles (en profiter pour faire le vide chez soi et se renouveler !) ; 

Tout simplement, teinter toute interaction sociale par des signes appuyés de bienveillance : un bonjour souriant (même avec le masque, les yeux sourient !), un mot gentil (notamment aux commerçants, caissières, aux personnels des écoles…) ; 

Etendre les comportements altruistes à tout être vivant : animal, végétal… ; 

Prendre conscience que notre destin est lié à celui des autres et de l’ensemble du règne vivant, considéré comme une unité dont nous faisons partie.  

> Au niveau individuel, faire du bien aux autres est une source de bien-être pour soi. 
Il met en action et consolide quelques indicateurs de santé mentale :  

La capacité de mettre en place des relations épanouissantes : plus on socialise, plus cela augmente notre bien-être. En situation d’isolement, les actes altruistes permettent de se sentir en lien au-delà des moments de contact.  Par exemple apporter un plat ou des courses à une voisine âgée apporte un sentiment de bien-être immédiat, qui va perdurer car ces actes restent présents dans la relation ;  

Une image et une estime de soi positives par la reconnaissance et le renforcement de ces valeurs qui en découle ; 

Un sens à la vie : surtout en période d’incertitude, l’action tournée vers les autres renforce le sentiment que notre existence est significative ; 

La flexibilité mentale : par la mise en œuvre des capacités d’ouverture, de changement, d’adaptation aux difficultés de la vie. Elle apporte le sens de l’humour (qui fait du bien à l’autre) et une tolérance à la différence.  

> Au niveau cérébral, l’altruisme a une action quasi immédiate sur le sentiment de bien-être et de bonheur : 

L’amygdale (perception de la peur, la détresse, l’angoisse) devient moins active, tandis que l’hippocampe, chargée d’assimiler la nouveauté, augmente en densité ; 

Le cortex préfrontal est activé, ce qui renforce la perception des situation sources de bien-être physique et social. Il nous indique ainsi ce qui peut être bien pour nous ; 

L’hormone ocytocine active les aires liées à l’amour maternel, aux émotions positives, au sentiment de gratification, ce qui a pour corollaire de diminuer les effets du stress, améliorer la motivation, augmenter la créativité, la confiance et la cohésion ; 

Le simple comportement altruiste  ferait plus qu’améliorer le bien-être et le bonheur en jouant un rôle sur la diminution d’une sensation douloureuse. 

 

Le confinement peut être vécu sous l’angle de la coercition, de la soumission à une autorité ou renvoyer à un sentiment d’impuissance. Mais il ne s’agit pas seulement d’assurer notre sécurité. La réalité est qu’on ne se confine pas seulement par peur pour soi, mais aussi par altruisme, pour assurer la sécurité des autres,   notamment celle des plus vulnérables et des personnels soignants. 

 

Article rédigé par Maïté Fontaine, psychologue clinicienne / le 20 novembre 2020

Actus
Viva magazine