Revenir à la liste des actus

Mes oreilles, le secret de ma forme

L’ouïe est l’un des 5 sens essentiels pour être en bonne santé et avoir une vie sociale épanouie. Il est important de respecter les besoins naturels de l’ouïe à tous les âges de la vie ! Pour être en forme, il faut manger mieux, bouger plus et prendre soin de son audition. 

Quels sont les besoins physiologiques de l’oreille ? 

Au cœur de l’oreille interne se cachent les cellules sensorielles de l’oreille. Elles font le lien entre la partie mécanique de l’oreille (mécanisme de transmission) et le cerveau (partie perception). Ces cellules, appelées cellules ciliées, ont pour caractéristiques de s’user avec l’avancée en âge (à partir de 20 ans) et de ne pas se régénérer. Outre l’effet du temps qui passe, les cellules sensorielles sont aussi sujettes à la quantité d’énergie physique, qui va dépendre d’un croisement de l’intensité et de la durée de l’exposition sonore. En respectant mieux les équilibres naturels de l’oreille, nombre de cas de survenue de gênes et de troubles de l’audition (difficultés légères de compréhension de la parole, surdités et acouphènes) pourraient aujourd’hui être évités. 

Quel est l’effet domino de l’audition sur l’équilibre de santé ? 

Le but ultime est de permettre au cerveau de décoder correctement les informations sonores qu’il reçoit. C’est là que se situe la différence entre « entendre » et « bien entendre ». Les interactions entre les cellules ciliées et le cerveau sont au cœur de cet enjeu. Le moindre « grain de sable » empêchant le rôle des cellules sensorielles de l’oreille et le cerveau est mis en difficulté. Au quotidien, « le grain de sable » est le fait : 

  • D’otites passagères ou d’otites à répétition chez l’enfant 

  •  D’une quantité de stress acoustique exercée par les différentes expositions sonores 

  •  D’une diminution des capacités auditives non repérée  

  • De la presbyacousie (érosion du capital auditif avec l’avancée en âge) non compensée par le port des aides auditives 

 C’est alors que « l’effet domino de l’audition » s’enclenche momentanément ou durablement : difficulté de compréhension de la parole, diminution des performances cognitives, stress, fatigue…  

Les difficultés s’installent insidieusement car le cerveau va d’abord essayer de compenser naturellement. Puis à force de peiner, le phénomène va vous amener à rechigner à être en contact avec les autres.  

Deux études scientifiques ont démontré des liens de Mes oreilles, le secret de ma forme Edito L’ouïe est l’un des 5 sens essentiels à l’équilibre de santé mais aussi de vie sociale. Ce sens est régi par des mécanismes propres en interaction directe avec les fonctions cognitives. Respecter les besoins naturels de l’ouïe s’annonce comme une nouvelle vertu de vitalité à tous les âges de la vie. Pour être en forme, il faut manger mieux, bouger plus et prendre soin de son audition. 2 corrélations entre la perte auditive non prise en charge et l’altération des fonctions cognitives, la dépression et les maladies de la mémoire.  

D’autres travaux tendent à démontrer que la prise en charge de la presbyacousie contribuerait aussi à lutter contre les chutes chez le senior ; facteur de fragilisation et bien souvent de déclenchement d’une perte d’autonomie. 

Quelles sont les solutions ? 

Eviter l’effet domino est possible. L’audition doit être intégrée aux règles de l’hygiène de santé. Tout comme les autres domaines de la santé, le respect des besoins physiologiques doit faire partie de l’éducation à la santé. Cela demande de modifier l’approche de la santé pour en finir avec les seules visions culturelles colportées par les approches curatives des politiques de santé publique. L’équilibre de santé est celle entre l’ensemble des facteurs déterminants de santé. Quelle cohérence y’a-t-il entre la pratique du jogging pour améliorer son rythme cardiaque et l’écoute de la musique à plein volume ? 

Dans cette nouvelle écologie santé intégrant l’audition, il s’agit de : 

  • Gérer ses expositions sonores tout au long de la journée. Celles-ci sont une source de stress acoustique exercé sur les cellules de l’oreille. Plus ce stress est important et plus l’effet domino est fort. A fortiori, les cellules peuvent lâcher et apparaissent dès lors acouphènes ou surdités ; 

  •  Offrir un temps de récupération aux cellules de l’oreille pour se désengorger du stress acoustique (au moins équivalent au temps des expositions sonores) ;  

  • Varier les formes d’écoute de son ou de la parole entre casque et enceintes nomades ou de l’ordinateur et intégrer un temps de récupération ;  

  • Réduire la durée et l’écoute de musique via casque ou écouteurs, facteurs de dose de stress acoustique au quotidien et de risques auditifs immédiats ;  

  • Porter les protecteurs individuels contre le bruit si nécessaire en milieu de travail ou de loisirs (musique, bricolage…) ;  

  • Porter des aides auditives si besoin ; 

  •  Intégrer le bilan de l’audition à son suivi régulier de santé. Le bilan de l’audition est le passage obligé pour objectiver une difficulté auditive. 

  

Questionner la place du bruit dans son quotidien 

Malgré les alertes de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le bruit et ses effets sur la santé demeurent insignifiants dans les réflexions santé et de développement durable. Pourtant le bruit est à considérer comme l’un des agents toxiques à l’intégrité de l’homme au même titre que la pollution de l’air. Certes les impacts sont moins immédiats, moins détectés et visibles. Pour autant, la pollution sonore, cumul de bruits subis et que l’on s’impose, affaiblit les capacités de l’être humain et sont des facteurs de comorbidités plus ou moins graves en fonction de leur historicité. Faute d’une politique déterministe, la santé auditive n’est pas encore considérée comme l’un des «  biomarqueurs » à suivre systématiquement dans le parcours de santé à tous les âges de la vie. La sinistralité réelle des troubles de l’audition est donc méconnue. Le coût de santé publique lié aux comorbidités des petites gênes et des troubles non repérés est inconnu mais substantiel. Cette absence sonne comme un paradoxe de l’engagement inscrit à la convention de la constitution de l’OMS repris dans les principes fondamentaux de santé publique : « tout mettre en œuvre pour éviter toute souffrance physique et mentale ». 

Actus
Viva magazine