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Mises à jour des préconisations alimentaires des enfants

Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) a dévoilé en octobre dernier la mise à jour des repères alimentaires pour les enfants de 0 à 36 mois et de 3 à 17 ans. Ces nouvelles préconisations permettront l’actualisation des repères alimentaires émis par le Programme National Nutrition Santé. Elles serviront de base pour les messages d’information et de prévention élaborés par Santé Publique France. L’objectif de ces repères est de permettre à tous les enfants d’avoir un état de santé et un développement optimal.

>> Quelles sont ces nouvelles préconisations ?

Il n’y a pas de très gros changements par rapport aux précédentes recommandations. A noter toutefois quelques mises à jour. 

> Diversification alimentaire

Le HSCP recommande une diversification plus précoce, entre 4 à 6 mois et de varier les aliments (produits laitiers, fruits, légumes, pommes de terre, produits céréaliers, légumes secs, viandes, poissons, œufs cuits et les matières grasses). En d’autres termes, cela signifie qu’il est recommandé de proposer quotidiennement de nouveaux aliments : des fruits, des produits laitiers ou des légumes secs, et cela dès le début de la diversification. Le fait de changer quotidiennement l’aliment proposé permet une meilleure acceptation de nouveaux aliments.

Le fait maison est à privilégier. Il permet de varier les textures, les saveurs et de contrôler la qualité des ingrédients proposés, en favorisant les aliments issus de l’agriculture biologique afin de limiter l’exposition aux pesticides. Mais les petits pots du commerce répondant à toutes les contraintes sanitaires et nutritionnelles peuvent être des alternatives.

 

Il est recommandé d’introduire sans tarder les allergènes alimentaires majeurs tels que les produits laitiers, l’oeuf et l’arachide, que l’enfant soit à risque d’allergie (du fait de son histoire familiale) ou non. (Avis du HCSP du 30 juin 2020)

- Introduction des aliments allergènes

Dans le cas des allergènes, le HSCP apportent également une nouveauté qui va simplifier la vie d’un bon nombre de parents…Plus besoin de retarder l’introduction de certains aliments.

 

- l’apport de matières grasses n’est pas à négliger

L’accent est également mis sur l’apport des matières grasses dont les besoins sont plus élevés que ceux des adultes. Le HCSP rappelle l’apport recommandé de 500ml de lait maternel ou de lait infantile jusqu’au 1 an de l’enfant afin de couvrir ses besoins en graisses et de compléter ses apports par des matières grasses ajoutées (huiles végétales : colza, noix, olive…) dans l’alimentation solide et également dans les préparations commerciales.

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Il est également rappelé l’importance de l’introduction de textures variées et adaptées à la capacité de l’enfant. La fenêtre d’introduction d’aliments texturés se situe entre 8 et 10 mois. Cela se traduit par la proposition de morceaux mous à partir de 8 mois et de plus en plus durs à partir de 10 mois, en offrant à l’enfant la possibilité de toucher, manipuler les aliments avant de les porter à la bouche. “Attention cependant aux aliments durs, et/ou ronds (arachide entière, grain de raisin, noisette, tomate cerise, morceaux de pomme crus, etc.) chez les moins de 3 ans (risque d’étouffement).” (Avis du HCSP du 30 juin 2020)
 

> la gestion des quantités

L'avis du HCSP rappelle également que les quantités doivent être adaptées aux besoins des enfants. Pour cela, des repères sont donnés par rapport aux portions des adultes :

• En moyenne, entre 3 et 6 ans, la taille de portion est d’environ la moitié de celle d’un adulte ;

• En moyenne, entre 7 et 10 ans, la taille de portion est d’environ un tiers plus faible que celle d’un adulte ;

• En moyenne, au début de l’adolescence, la taille de portion est celle de l’adulte ;

• En période de croissance à l’adolescence (entre 15 et 17 ans), la taille de portion est supérieure à celle de l’adulte.

Il est également rappelé à plusieurs reprises l’importance du respect des sensations de faim et de satiété de l’enfant, très à même dès la naissance à s’autoréguler. Ainsi, il est conseillé aux parents de ne pas forcer un enfant à finir un biberon ou son assiette. L’environnement des repas est également abordé, afin de ne pas détourner l’enfant de l’acte alimentaire et du plaisir qui en découle et de ne pas distraire le parent des signaux de satiété de l’enfant.  

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Pour cela, le HCSP introduit les notions de « partage des responsabilités » et « l’alimentation réactive » : le « partage des responsabilités » en matière d’alimentation se fait entre les parents et l’enfant : les parents ont la charge de donner des aliments variés et sains, lors de repas réguliers, dans une ambiance harmonieuse, et l’enfant est « responsable » des quantités d’aliments qu’il consomme en fonction de ses besoins. Plutôt que contrôler l’alimentation de leur enfant, les parents ont davantage un rôle d’encadrement, d’accompagnement. Mais cela signifie aussi qu’ils puissent faire confiance à l’appétit de leur enfant. C’est ce que la notion « d’alimentation réactive » peut apporter aux parents puisque celle-ci fait appel à la reconnaissance des signaux d’appétit et de rassasiement de l’enfant par les parents (Avis du HCSP du 30 juin 2020)
 

> point de vigilance sur les régimes alimentaires végétaliens et végétariens

Il est également rappelé qu’une alimentation végétalienne n’est pas adaptée aux besoins de l’enfant de 1 an voire 3 ans. Il est également précisé que les boissons végétales ne sont pas adaptées aux enfants de moins de 1 an.

 

> Pour une alimentation plus durable

A noter également que la HSCP préconise une alimentation favorisant les aliments bruts (natures, sans sucres et non aromatisés) et de saison issus de l’agriculture bio permettant de préserver les enfants à l’exposition des pesticides, et de favoriser un approvisionnement par les circuits courts.

 

Lire aussi :

> Article de UFC Que Choisir du 5 novembre 2020 : " Alimentation des enfants - de nouvelles recommandations"

> Fiches santé sur mapreventionsante.fr :
L'activité physique est-elle bénéfique pour les enfants ?

Pourquoi il ne faut pas "zapper" le petit-déjeuner ?

Comment réduire le risque d'allergies alimentaires de mon enfant ?

 

Article rédigé par l’équipe rédactionnelle de Ma Prévention Santé le 10 décembre 2020

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