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Prendre soin de son cerveau et de sa mémoire

Maintenons le lien #Santé Solidaire _ Notre cerveau est l’ordinateur de bord qui gère tout notre être. Bien loti et protégé dans sa boite, nous ne sommes pas témoins de son état de santé et de son vieillissement, et nous ne savons pas toujours ce qui peut nous aider à l’entretenir et lui permettre de fonctionner au mieux. Il est aujourd’hui admis que l’apogée des performances cognitives est atteinte à 24 ans, âge vers lequel commence également la perte des neurones. Le déclin cognitif commence vers 45 ans. Pour autant, fort heureusement, notre cerveau a des ressources, pour peu que nous en prenions soin.  

 

Imaginez : à la naissance, le cerveau est comme une forêt vierge. Chaque apprentissage, chaque capacité motrice va créer un chemin dans cette jungle : les neurones se connectent entre eux permettant à l’information de circuler. Plus un trajet est emprunté, plus il se consolide, et le chemin se transforme en route voire en autoroute. C’est pourquoi un enfant a besoin de répéter encore et encore pour apprendre, pour que cela devienne de plus en plus automatique (gestes d’autonomie, lecture, écriture, calcul…). Le milieu éducatif, les apprentissages vont littéralement modeler le cerveau de l’enfant, lui donner son architecture, sa cartographie.  

Par ailleurs, il existe dans cette jungle, progressivement devenue jardin, des zones non-habitées, non-explorées. Ce sont ces neurones qui partent d’abord, puis les connexions non utilisées, comme un chemin non emprunté est progressivement effacé par la nature qui reprend ses droits.  

 

Chez l’enfant : 1 million de milliards de connexions synaptiques (zone de contact entre 2 neurones) 

Chez l’adulte : 300 000 milliards de connexions synaptiques 

  

Heureusement, tout n’est pas joué à 25 ans : nous continuons à apprendre, à découvrir, à évoluer grâce à la plasticité de notre cerveau. La plasticité cérébrale est un processus continu et dynamique de création, de renforcement et d’élimination de connexions entre les neurones, les connexions synaptiques

  

Ainsi nous créons de nouveaux chemins, de nombreuses connexions synaptiques qui peuvent remplacer les anciennes. Par exemple,  apprendre à utiliser un nouveau logiciel, déménager et prendre de nouvelles habitudes au quotidien. Parfois, on peut avoir besoin de trouver un chemin de traverse, comme lors d’une rééducation après un accident cérébral, où des connexions vont s’activer pour prendre le relais. En créant constamment de nouveaux circuits, nous pouvons évoluer et nous adapter ce qui est indispensable  face à de nouvelles situations comme le confinement et le déconfinement qui nous obligent à modifier nos habitudes et nos perceptions du monde.  

  

A tout âge nous pouvons enrichir notre cerveau de nouveaux circuits en ne cessant jamais de le stimuler, de sortir des routines et aussi de le nourrir de « bon » et de positif. Car toute expérience de vie peut modeler l’architecture, la structure de notre cerveau. Cela donne raison à Émile Coué, et la fameuse méthode Coué : oui ! le fait de penser positif façonne des circuits de pensée qui favorisent une vision plus positive de la vie ! 

  

Un autre atout de notre cerveau a été révélé par les développements récents en neurosciences : un processus de génération de nouvelles cellules, appelé neurogenèse. Cette création de nouveaux neurones se situe essentiellement au niveau de l’hippocampe, lieu de la mise en mémoire et de l’apprentissage. Ce renouvellement des neurones de la mémoire est indispensable pour que le fonctionnement intellectuel reste optimum au quotidien, mais il est très sensible à certains facteurs qui vont le stimuler ou l’inhiber, donc nous pouvons agir dessus :  

  

  • Bannir autant que possible la prise d’anxiolytiques et de somnifères : utilisées de façons chroniques, ils empêchent la formation de nouveaux neurones 
  • Cultiver les échanges avec autrui et les stimulations variées, fuir la routine 
  • Avoir une activité physique : il existe une corrélation directe entre l’activité musculaire et la production de nouveaux neurones par le biais de substances produites par les muscles qui agissent sur le cerveau 
  • Lutter contre « l’infobésité » : il est nécessaire de trier les informations utiles, celles qui nous font apprendre et comprendre, et laisser de côté l’information futile, qui nous fait juste « savoir ». Le cerveau, noyé dans trop d’informations ne sait plus faire le tri dans ce qu’il doit retenir ou non. 
  • Soigner le microbiote : Un régime alimentaire varié et riche en fibres encourage la prolifération de certaines espèces bactériennes qui favorisent la prolifération de neurones. À l’inverse, un régime peu varié, riche en sucre et en graisse, favorise la prolifération d’espèces bactériennes qui sont de véritables verrous, bloquant la production de nouveaux neurones, et ce quel que soit l’âge. 
  • Se protéger du stress urbain, notamment des pollutions visuelles et sonores qui fatiguent notre cerveau 

  

Le sommeil a aussi évidemment un rôle primordial sur la mémoire, l’attention et la concentration : 

  • Plus longue est la durée de sommeil, meilleures sont les capacités de mémorisation, en consolidant les informations encodées, et en favorisant l’oubli des informations non « étiquetées » comme utiles 
  • C’est aussi pendant les périodes de sommeil profond que notre cerveau digère et intègre nos émotions, nos vécus 
  • Ces plages de rêve sont indispensables pour notre bien-être psychologique et pour nos capacités de mémorisation

  

De précédents articles ont déjà évoqué les vertus de la pleine conscience, de la méditation, de la relaxation :
- La pleine conscience ou donner de la consistance à la vie
- Les bienfaits de la méditation en pleine conscience

Une chose est sûre, la santé de notre cerveau va de pair avec un corps en bonne santé, et notre état psychique dépend aussi de son bon fonctionnement. Les sensations corporelles, les connexions entre la sensation et la perception consciente activent des zones essentielles de notre cerveau. Il permet cette synchronie et facilite le dialogue indispensable entre le mental et la corporalité. Par ailleurs, la présence de neurones dans le ventre et notamment dans les intestins ouvre depuis quelques années des champs de découvertes à explorer et nous ne sommes pas au bout de nos surprises ! 

  

  

Article rédigé le 18 mai 2020 
par Maïté Fontaine, psychologue clinicienne
 

 

 

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