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Zéro phtalates : c’est nécessaire et c’est possible !

Dans le cadre de sa campagne « Villes et Territoires sans Perturbateurs Endocriniens », le Réseau environnement santé (RES) a lancé l’opération « Zéro phtalates » (*)

 

 

Cinquante élus (30 à Paris, 10 à Strasbourg et 10 au Séquestre dans le Tarn) dont les trois maires ont accepté de se faire couper une mèche de cheveux pour analyse. Le phtalate recherché est le DEHP. Classé cancérogène, toxique pour la reproduction et perturbateur endocrinien, celui-ci est pourtant bien présent et il contamine largement la population, comme le prouvent les résultats pour tous les élus… sauf un qui y a échappé. Pour les autres, la contamination varie de 1 à 200 ! Cela prouve qu’il est possible de diminuer de façon considérable la contamination.

De nombreuses études démontrent les effets sanitaires chez l’enfant dont la mère est exposée aux concentrations mesurées les plus élevées. Les plus récentes confirment chez l’humain ce qui avait été observé déjà chez la souris et le rat (près de 3000 études scientifiques répertoriées). Par exemple,

  • une étude américaine menée auprès de 345 enfants suivis jusqu’à l’âge de 12 ans montre que plus le taux de phtalates au début de la grossesse est élevé, plus le risque d’obésité de l’enfant est fort (taux multiplié par 3).
  • une étude suédoise a suivi 3228 enfants de 1 à 5 ans pendant dix ans. Résultat : la présence d’un sol en PVC dans la chambre de l’enfant augmente le risque d’asthme. Mais l’effet est encore plus marqué si la chambre des parents a un sol en PVC, ce qui signifie que l’exposition pendant la grossesse a aussi eu des conséquences. Un sol en PVC peut contenir en effet 20 à 40 % de DEHP et cette molécule peut se volatiliser sous l’effet de la chaleur pour se condenser en poussières qui vont se déposer dans toute la pièce.
  • une étude norvégienne a suivi 300 enfants pendant 5 ans. Ceux dont les mères étaient les plus contaminées par le DEHP pendant la grossesse avaient un risque d’hyperactivité et de déficit d’attention (TDAH) multiplié par 3.

On commence aussi à disposer d’études fondées sur des prélèvements de cheveux, ce qui donne une contamination moyenne sur 3 mois. La plus récente a analysé 276 substances et leurs produits de transformation dans l’organisme (les métabolites, l’ensemble étant appelé « métabolome »). Elle a mis en évidence un lien entre l’ensemble des métabolites des phtalates, pas seulement ceux du DEHP, et les troubles du langage chez l’enfant. Au même moment, deux études menées séparément en Suède et aux Etats-Unis auprès de 1400 couples mère-enfant met en évidence aussi un retard d’acquisition du langage chez les enfants les plus exposés à certains phtalates.

Obésité, asthme, hyperactivité, troubles cognitifs …. de plus en plus d’enfants sont touchés. On comprend l’importance d’éliminer de notre environnement des substances comme le DEHP, les autres phtalates et plus largement les perturbateurs endocriniens.

Pour l’instant, les consultations prénatales sont totalement muettes sur le sujet. Et pourtant, s’il est important de prévenir la rubéole ou la toxoplasmose, personne ne peut nier qu’il serait tout aussi important de prévenir obésité, asthme, hyperactivité, troubles du langage….sans parler des maladies qui peuvent survenir à l’âge adulte suite à cette contamination pendant la grossesse comme le cancer du sein.

 

L’opération « Zéro phtalates ! » se poursuit. Prochaines étapes : Courbevoie et Nanterre qui ont signé la charte.

 

André Cicolella Président du Réseau Environnement Santé

 

 

(*) Fabriqués à raison de 3 millions de tonnes par an dans le monde, les phtalates sont utilisés en tant que plastifiants des PVC, mais on les retrouve également dans l’alimentation, l’environnement intérieur, les cosmétiques, les dispositifs médicaux et les médicaments, les vieux jouets en plastique etc. L’organisme humain les élimine tous les jours, il est donc possible de diminuer de façon importante la contamination en les éliminant à la source.

 

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